Les Liaisons dangereuses ont fait l'objet de plusieurs adaptations marquantes, dont celle de Stephen Frears en 1988, portée par Glenn Close et John Malkovich, qui a contribué à populariser le roman de Laclos auprès d'un public bien plus large que celui de la littérature classique. Le motif du jeu de séduction cynique a ensuite essaimé dans des œuvres plus contemporaines, jusqu'à des transpositions modernes comme Cruel Intentions, qui transpose l'intrigue dans un lycée américain des années 1990.
D'autres adaptations ont exploré des angles différents du même roman : Miloš Forman en propose en 1989 une version en costumes intitulée Valmont, avec Colin Firth et Annette Bening, plus mélancolique que celle de Frears. Cette pluralité d'adaptations, réalisées à quelques mois d'intervalle, témoigne de la manière dont un même texte libertin peut être relu selon des sensibilités très différentes selon les époques et les cinéastes.
Le théâtre du XVIIIe siècle, en particulier la comédie de mœurs de Marivaux, explore lui aussi les jeux de séduction et de dissimulation propres à l'esprit libertin, dans un registre plus subtil et moins provocateur que le roman. Des pièces comme Le Jeu de l'amour et du hasard mettent en scène des stratagèmes de séduction et de travestissement social qui font écho, sur un mode plus léger, aux manipulations que l'on retrouve dans le roman libertin de la même époque.
Le théâtre offre en effet un espace privilégié pour explorer les codes du masque et de l'apparence — des thèmes centraux du libertinage — puisque le déguisement et la fausse identité y sont des ressorts dramatiques naturels, bien avant que le roman épistolaire ne les transpose dans le registre de l'écrit.
La peinture galante du XVIIIe siècle, portée par des artistes comme Fragonard ou Boucher, développe un imaginaire visuel parallèle à celui du roman libertin : scènes de badinage, jardins secrets et regards échangés y traduisent la même sensibilité à la séduction et au jeu social. Le tableau de Fragonard L'Escarpolette, avec son jeu de regards et sa composition en suspens, est souvent cité comme l'équivalent pictural de la légèreté et de la malice que l'on trouve chez Crébillon fils.
Cette peinture dite « galante » partage avec le roman libertin un même goût pour la suggestion plutôt que la représentation explicite : le non-dit, le geste esquissé et le regard en coin y jouent un rôle aussi important que la scène elle-même, ce qui explique la proximité esthétique durable entre ces deux formes d'expression au XVIIIe siècle.
Au-delà du cinéma et de la peinture, l'imaginaire libertin continue d'irriguer la culture populaire : séries télévisées, mode, et même certaines communautés en ligne s'inspirent de ses codes esthétiques et narratifs, prolongeant une tradition littéraire vieille de plusieurs siècles.
On retrouve par exemple la figure du séducteur cynique et calculateur — héritée directement de Valmont — dans de nombreux personnages de fiction contemporaine, du cinéma aux séries télévisées. De même, l'esthétique du XVIIIe siècle libertin (costumes, décors de salons, correspondance manuscrite) reste une source d'inspiration visuelle récurrente, y compris dans des productions qui n'ont plus de lien direct avec les textes d'origine.